NÎMES


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À l’extrémité orientale du couloir languedocien, Nîmes garde la porte rhodanienne, s’articule avec les villes provençales et participe activement aux grands aménagements régionaux. Blottie au pied des garrigues, la ville s’accroche aux interfluves arrondis des Cadereaux sur lesquels se dispersent ses masets , les résidences luxueuses qui occupent les meilleurs sites et les immeubles de la Z.U.P. (zone à urbaniser en priorité). Vers le sud, l’amphithéâtre des garrigues domine la plaine maraîchère du Vistre, conquise par les grands ensembles et qui a recueilli l’essentiel de l’infrastructure moderne (chemin de fer, autoroute).

Capitale des Volques Arécomiques, Nîmes est née près de la source du dieu Nemausus. Important relais sur la voie domitienne après la conquête romaine (\NÎMES 121), la ville a de tout temps joué le rôle de grand carrefour, l’axe rhodanien nord-sud, l’axe méditerranéen est-ouest et la voie cévenole convergeant au niveau de la région nîmoise. L’antique Nemausus, tête de pont vers l’Espagne et l’Italie, obtient de Rome le droit de cité et des institutions calquées sur celles de la métropole. Elle connaît une activité fébrile, frappe monnaie et jouit des faveurs d’Auguste et d’Agrippa qui la dotent de nombreux monuments. La tour Magne, reste de l’enceinte longue de 6 kilomètres entourant 220 hectares, la Maison carrée, édifiée en \NÎMES 16, le pont du Gard (époque d’Auguste), les arènes de 23 000 places (75-95 env.) sont les vestiges d’un urbanisme grandiose; nulle part en France l’empreinte romaine n’apparaît mieux qu’à Nîmes et dans ses environs. Cette impression est confirmée par la romanisation des habitants: l’orateur Cneius Domitius Afer (Ier s.), l’empereur Antonin (IIe s.) sont d’origine nîmoise.

Après les grandes invasions, la population se regroupa autour de deux centres: les arènes avec la résidence comtale, protégées par les chevaliers et la cathédrale autour de laquelle s’installèrent au XIIe siècle artisans et boutiquiers. Le consulat est d’abord accaparé par les chevaliers des arènes en 1144 (première mention), puis partagé avec les bourgeois de la cité en 1198. Ces derniers acquièrent, en 1272, la majorité des sièges répartis entre neuf échelles (groupes de métiers). Entre-temps, à la fin de la croisade des albigeois, en 1229, Nîmes est passée des mains du comte de Toulouse à celles du roi de France.

À l’époque moderne, la Réforme fait de Nîmes une cité huguenote dont l’histoire est ponctuée de tragédies: Michelade du 29 septembre 1567 (massacres de catholiques), soulèvement huguenot de 1621 à 1629, économie compromise par la révocation de l’édit de Nantes en 1685, occupation par les troupes royales lors de la guerre des camisards. Les protestants sont minoritaires, mais constituent l’essentiel de la bourgeoisie.

Au XVIIIe siècle, cette bourgeoisie s’ouvre très tôt au capitalisme commercial et manufacturier, alors que la religion l’éloigne des charges civiles et militaires. Liés à la finance protestante, les fabricants nîmois redistribuent dans la Cévenne rurale le travail de la laine, se réservent celui de la soie et exportent dans tout le bassin méditerranéen. Nobles, bourgeois, marchands conduisent une politique de grands travaux urbains: démolition des remparts, déblaiement des arènes, ouverture de grandes avenues, aménagement des jardins de la Fontaine.

À la haine religieuse s’ajoutent les tensions sociales, ce qui éclaire les événements de la Révolution: bagarre des 13-15 juin 1790 où la bourgeoisie patriotique protestante massacre le peuple royaliste avec l’aide de ses coreligionnaires cévenols, mais en 1793 alliance du peuple catholique et des sans-culottes contre la bourgeoisie fédéraliste.

Le XIXe siècle va marquer profondément la cité. Très tôt, Nîmes devient un important nœud ferroviaire, directement relié à la capitale. Mais l’impulsion ferroviaire n’a pas été suivie d’un puissant mouvement d’industrialisation: bonneterie, chaussure, confection, industries aux équilibres instables sont les principales branches de la production, alors que les industries mécaniques ne représentent qu’un secteur très secondaire. Les cinquante premières années du XXe siècle sont caractérisées par un ralentissement des activités de la ville qui se fige dans des habitudes provinciales, en même temps que s’installent la crise et la stagnation économique.

Avec près de 128 500 habitants en 1990 contre 90 000 en 1954, Nîmes, chef-lieu du département du Gard dans la région Languedoc-Roussillon, s’affirme de plus en plus comme un centre de prestation de services. La fonction de distribution a connu une remarquable expansion au niveau du commerce de gros (marché d’intérêt national) et du commerce de détail, l’implantation de grandes surfaces ayant donné une nouvelle dimension à l’agglomération (138 545 hab. en 1990) et hâté l’urbanisation linéaire dans la basse plaine. Enfin, alors que les activités traditionnelles stagnent ou émigrent dans l’environnement rural et vers la façade rhodanienne, le secteur tertiaire est en expansion en raison des aménagements régionaux et des inductions industrielles issues de Fos. Il employait 78,3 p. 100 de la population active en 1990.

Cet essor a entraîné une profonde modification du tissu urbain. Dans le centre, la rénovation consiste en restauration d’immeubles anciens et en aménagement de voies piétonnes. La reconstruction des halles et la réalisation du parc de stationnement sous l’esplanade participent du mouvement de restructuration. L’urbanisation diffuse ou programmée (Z.U.P.) a gagné les garrigues, alors que la basse plaine a offert de vastes espaces aux promoteurs des grands ensembles. Le secteur occidental apparaît comme le secteur pilote de l’expansion urbaine, avec la zone industrielle de Saint-Césaire, le marché-gare et la Z.U.P. Point d’ancrage de nombreux équipements, celle-ci introduit une certaine cohérence dans la croissance spatiale de l’agglomération, favorise la conquête des moyennes garrigues, freine la dispersion anarchique dans la plaine.

Nîmes
v. de France, ch.-l. du dép. du Gard; 133 607 hab. Marchés agric. Industries. écoles milit.
Nombr. monuments rom.: les Arènes (amphithéâtre), la Maison carrée, le temple de Diane, la tour Magne, etc. Musée archéologique. Musée des beaux-arts.
Nîmes, cité romaine en 120 av. J.-C., fut très prospère sous les Antonins. Rattachée au comté de Toulouse en 1185, elle fut cédée à la France en 1229.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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